altMaman, papa Antoine m'a encore fait mal! Loïc agace Antoine jusqu'à ce que celui-ci se fâche et lui donne un coup de poing. Loïc accourt en larmes en criant : « Antoine m'a battu! » Cela vous est familier? Habituellement, dans ces circonstances, les adultes interviennent en « arbitres », séparent les combattants et punissent celui qui a frappé. Il serait important d'examiner les dessous d'une telle scène en se souvenant que la rivalité pour obtenir l'attention des adultes est toujours présente entre les enfants et que chacun voudrait que l'adulte prenne sa part contre l'autre.

Si vous prenez parti pour Loïc, qui a reçu le coup de poing, et que vous punissez Antoine, vous risquez d'être injuste pour ce dernier, car son geste agressif a été provoqué par Loïc. Que vous faut-il faire alors? S'il n'y a pas de danger de blessure, il vaut beaucoup mieux ne pas intervenir et se contenter de répondre à Loïc, de façon très naturelle, quelque chose comme : « Je n'étais pas là, moi, je n'ai rien vu, mais je pense que vous êtes capables, tous les deux, de trouver une solution pour régler cette chicane. »

Cela vaut généralement si deux enfants seulement sont concernés et s'ils ont plus de quatre ans. Ils sont alors capables d'apprendre à régler eux-mêmes leurs conflits, ce qui est un excellent apprentissage. Bien sûr, il y aura toujours des chicanes entre enfants, mais en répétant chaque fois le même type d'intervention, vous vous rendrez bientôt compte que ces conflits deviennent moins fréquents, durent moins longtemps et que les enfants développent ainsi une nouvelle habileté sociale.

Si le conflit persiste et qu'il y a un risque que les enfants se fassent vraiment mal, il faudra séparer les belligérants en les invitant, d'un ton calme et neutre, à aller chacun dans son coin jusqu'à ce qu'ils soient capables de jouer ensemble paisiblement.

Dans le cas d'agression gratuite, l'intervention habituellement la plus efficace consiste à se placer physiquement à côté de l'enfant agressé et à lui dire : « Dis à Sébastien : Je ne veux pas que tu me tapes. As-tu compris? » Cela a pour effet de réconforter la « victime » tout en privant l'agresseur d'une attention directe de votre part.

Mais si Sébastien, enragé, continue d'attaquer l'autre, vous devrez intervenir physiquement pour l'empêcher d'agir. Tenez-le fermement en lui disant : « Tu es bien fâché contre lui. Tu peux lui dire que tu es fâché. Mais tu ne peux pas le frapper. C'est inacceptable. Viens, tu vas plutôt frapper ce gros coussin. »

Ça ne va toujours pas? Le troisième recours pourra consister à lui laisser passer sa crise à l'écart… et lui demander de revenir lorsque vous le jugerez prêt.